Il doit y avoir un livre là-dessus. Quelque chose qui donne les règles à suivre, les deadlines à ne pas dépasser, les attitudes à adopter. Sérieusement, on veut me faire jouer à un jeu sans me dire les règles, et en plus, c’est mon cœur qu’il faudrait que je joue? Vraiment, vous êtes malades! Il n’y a que moi à qui il reste une once de bon sens ici et qui saisit l’absurdité de la situation?
De toute façon, je ne suis pas certaine d’aimer vraiment ce jeu-là, et pas seulement parce que je n'en comprends pas exactement les tenants et les aboutissants. Le flirt, d’abord. Ça va bien cinq minutes, mais franchement, on se lasse. C’est toujours la même petite mise en scène : lui qui me balance ses occupations, ses ambitions, ses talents, et moi qui feint d’être impressionnée alors que, les trois quarts du temps, je m’en balance comme de l’an quarante. Qu’est-ce que vous voulez, je suis un peu difficile à impressionner, c’est ça qui arrive quand on est mariée à Pierre le Grand – vous n’avez pas fondé une ville fabuleuse, vous n’avez pas créé la marine de votre pays, vous n’avez pas conquis la mer Baltique sur vos ennemis suédois? Vous ne m’impressionnez pas, peu importe le nombre de haussement de sourcils faussement émerveillés que je ferai en vous écoutant parler!
Parce que de toute façon, il y a si peu d’hommes intéressants. Il n’y a que des filles simplistes pour considérer la chose autrement. Le moindrement qu’on est d’une complexion un peu plus complexe, avec quelques boulons mal vissés, automatiquement c’est plus compliqué de trouver quelqu’un de sommairement compatible. J’imagine que lorsqu’on a un pedigree plus régulier, style infirmière de banlieue qui rêve d’un chien et de deux beaux enfants, bon caractère et pas trop de rêves insensés, ça s’arrange plus facilement de trouver quelqu’un qui nous comble. Moi, j’avais honnêtement abandonné de trouver le « match parfait » dont je rêvais. Quand j’expliquais, l’automne dernier, à ma meilleure amie quel était le genre d’homme que je cherchais, je concluais invariablement par : « Mais ça n’existe pas : intellectuel, sportif, qui veut une famille mais qui veut vivre des aventures ! Il va falloir que je choisisse ce qui est le plus important pour moi, oui, il va falloir que je fasse des choix ! » Je me rappelle qu’elle m’avait répondu : « T’as pas à faire de choix. Le gars qu’il est faut est quelque part. Moi, je l’ai trouvé, même si je pensais que ça ne se pouvait pas. » J’étais sceptique, quoique pleine d’espoir. Il fait bien avoir de l’espoir, sinon il ne reste plus qu’à s’ouvrir les veines ou à s’inscrire tout de suite à une banque de sperme en renonçant officiellement à une vie de couple épanouie. Je n’étais quand même pas prête à faire ça – come on, sans même avoir été capable d’avoir un couple sain ou tout simplement d’avoir un couple dont la longévité dépasse celle d’un maringouin. J’avais des choses à me prouver, et ça commençait à devenir urgent. À vingt ans, c’est bien d’être une courailleuse, ça s’appelle « explorer le marché » ; à vingt-trois ans, on peut encore avoir du charme en croqueuse d’hommes. Mais quand s’approche inexorablement la trentaine, ce n’est plus charmant, ni ingénu de papillonner de fleur en fleur (la tite abeille a travaille fort, biz, biz, biz, comme dirait Daniel Boucher), et on a un nom moins flatteur : « vieille fille », pour parler des filles qui ont trop mauvais caractère (ou un trop gros derrière) pour s’être casées quand c’était encore possible de le faire. Lorsqu’on devient une célibataire endurcie, alors là, il n’y a plus rien à faire. La partie du cerveau qui permet les compromis et les longues discussions s’est éteinte, à jamais. Et, à défaut de pouvoir imposer notre manque de souplesse à un homme, on tyrannise sa famille et on devient la tante désagréable dont chacun chuchote dans son dos : « Qu’elle aille se faire baiser, ça lui ferait vraiment du bien! »
Et puis, j’avais trouvé ce gars super. Mon cœur a fait trois triple salto arrière et un atterrissage carpé lors de notre premier rendez-vous. Je n’avais jamais éprouvé une telle complicité avec quelqu’un avant ça, parce qu’avant, j’étais jeune et je ne me connaissais pas assez pour savoir qui j’étais et ce que je cherchais. Et, bonus, j’avais assez « papillonné » et « exploré le marché » pour savoir qu’un gars qui fait faire des sauts périlleux à mon cœur, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue en criant « Alain Goldberg ». J’étais décidée à faire des compromis. J’ai supporté son inconstance, ses défilades, ses « pardonne-moi, on repart à neuf », sans être idiote ou naïve, sans l’idéaliser, sans me faire d’idée, seulement parce que je croyais qu’il était parfait pour moi. The one, comme ils disent dans les séries américaines. Mais parfait ou pas, à un moment donné il faut accepter qu’on a perdu le match. J’ai hésité longuement… On se rappellera de mon post Time to say goodbye, qui était un article sur le thème du : « Quand sait-on qu’il faut partir? »
Avant, je savais quand m’en aller. J’avais des certitudes. Maintenant, je ne sais plus. C’est lui qui m’a privé de mes certitudes, parce que j’étais tellement sûre de lui, tellement sûre qu’il était fait pour moi, que son rejet – qui n’en est qu’un demi, le reste du chemin vers la sortie, c’est moi qui l’ait fait –, m’a fait vaciller dans toutes mes certitudes. C’est de là toute ma déprime, bien plus que pour l’avoir « perdu » - après tout, je ne l’ai jamais vraiment eu. C’est de ne plus savoir, de ne plus trop croire. J’ai toujours été consciente de ne pas trop comprendre les règles du jeu, mais maintenant, je ne suis même plus certaine de savoir quel est le jeu.
Can someone tell me, when do we start to have fun?! I ain't have any.
De toute façon, je ne suis pas certaine d’aimer vraiment ce jeu-là, et pas seulement parce que je n'en comprends pas exactement les tenants et les aboutissants. Le flirt, d’abord. Ça va bien cinq minutes, mais franchement, on se lasse. C’est toujours la même petite mise en scène : lui qui me balance ses occupations, ses ambitions, ses talents, et moi qui feint d’être impressionnée alors que, les trois quarts du temps, je m’en balance comme de l’an quarante. Qu’est-ce que vous voulez, je suis un peu difficile à impressionner, c’est ça qui arrive quand on est mariée à Pierre le Grand – vous n’avez pas fondé une ville fabuleuse, vous n’avez pas créé la marine de votre pays, vous n’avez pas conquis la mer Baltique sur vos ennemis suédois? Vous ne m’impressionnez pas, peu importe le nombre de haussement de sourcils faussement émerveillés que je ferai en vous écoutant parler!
Parce que de toute façon, il y a si peu d’hommes intéressants. Il n’y a que des filles simplistes pour considérer la chose autrement. Le moindrement qu’on est d’une complexion un peu plus complexe, avec quelques boulons mal vissés, automatiquement c’est plus compliqué de trouver quelqu’un de sommairement compatible. J’imagine que lorsqu’on a un pedigree plus régulier, style infirmière de banlieue qui rêve d’un chien et de deux beaux enfants, bon caractère et pas trop de rêves insensés, ça s’arrange plus facilement de trouver quelqu’un qui nous comble. Moi, j’avais honnêtement abandonné de trouver le « match parfait » dont je rêvais. Quand j’expliquais, l’automne dernier, à ma meilleure amie quel était le genre d’homme que je cherchais, je concluais invariablement par : « Mais ça n’existe pas : intellectuel, sportif, qui veut une famille mais qui veut vivre des aventures ! Il va falloir que je choisisse ce qui est le plus important pour moi, oui, il va falloir que je fasse des choix ! » Je me rappelle qu’elle m’avait répondu : « T’as pas à faire de choix. Le gars qu’il est faut est quelque part. Moi, je l’ai trouvé, même si je pensais que ça ne se pouvait pas. » J’étais sceptique, quoique pleine d’espoir. Il fait bien avoir de l’espoir, sinon il ne reste plus qu’à s’ouvrir les veines ou à s’inscrire tout de suite à une banque de sperme en renonçant officiellement à une vie de couple épanouie. Je n’étais quand même pas prête à faire ça – come on, sans même avoir été capable d’avoir un couple sain ou tout simplement d’avoir un couple dont la longévité dépasse celle d’un maringouin. J’avais des choses à me prouver, et ça commençait à devenir urgent. À vingt ans, c’est bien d’être une courailleuse, ça s’appelle « explorer le marché » ; à vingt-trois ans, on peut encore avoir du charme en croqueuse d’hommes. Mais quand s’approche inexorablement la trentaine, ce n’est plus charmant, ni ingénu de papillonner de fleur en fleur (la tite abeille a travaille fort, biz, biz, biz, comme dirait Daniel Boucher), et on a un nom moins flatteur : « vieille fille », pour parler des filles qui ont trop mauvais caractère (ou un trop gros derrière) pour s’être casées quand c’était encore possible de le faire. Lorsqu’on devient une célibataire endurcie, alors là, il n’y a plus rien à faire. La partie du cerveau qui permet les compromis et les longues discussions s’est éteinte, à jamais. Et, à défaut de pouvoir imposer notre manque de souplesse à un homme, on tyrannise sa famille et on devient la tante désagréable dont chacun chuchote dans son dos : « Qu’elle aille se faire baiser, ça lui ferait vraiment du bien! »
Et puis, j’avais trouvé ce gars super. Mon cœur a fait trois triple salto arrière et un atterrissage carpé lors de notre premier rendez-vous. Je n’avais jamais éprouvé une telle complicité avec quelqu’un avant ça, parce qu’avant, j’étais jeune et je ne me connaissais pas assez pour savoir qui j’étais et ce que je cherchais. Et, bonus, j’avais assez « papillonné » et « exploré le marché » pour savoir qu’un gars qui fait faire des sauts périlleux à mon cœur, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue en criant « Alain Goldberg ». J’étais décidée à faire des compromis. J’ai supporté son inconstance, ses défilades, ses « pardonne-moi, on repart à neuf », sans être idiote ou naïve, sans l’idéaliser, sans me faire d’idée, seulement parce que je croyais qu’il était parfait pour moi. The one, comme ils disent dans les séries américaines. Mais parfait ou pas, à un moment donné il faut accepter qu’on a perdu le match. J’ai hésité longuement… On se rappellera de mon post Time to say goodbye, qui était un article sur le thème du : « Quand sait-on qu’il faut partir? »
Avant, je savais quand m’en aller. J’avais des certitudes. Maintenant, je ne sais plus. C’est lui qui m’a privé de mes certitudes, parce que j’étais tellement sûre de lui, tellement sûre qu’il était fait pour moi, que son rejet – qui n’en est qu’un demi, le reste du chemin vers la sortie, c’est moi qui l’ait fait –, m’a fait vaciller dans toutes mes certitudes. C’est de là toute ma déprime, bien plus que pour l’avoir « perdu » - après tout, je ne l’ai jamais vraiment eu. C’est de ne plus savoir, de ne plus trop croire. J’ai toujours été consciente de ne pas trop comprendre les règles du jeu, mais maintenant, je ne suis même plus certaine de savoir quel est le jeu.
Can someone tell me, when do we start to have fun?! I ain't have any.