samedi 26 juillet 2008

La princesse et ses palais !

Je zappais, je suis tombée par hasard sur elle et ce fut le coup de foudre instantanément. J'ai pensé: "Comment ai-je pu vivre sans toi?" Et de rouler en boucle la chanson I was made for loving you baby and you were made for loving me... I can't get enough of you baby, can you get enough of me?


Ça s'appelle "Palais d'Europe" et, en visitant des châteaux fabuleux d'Europe, on découvre les personnages historiques qui les ont fait construire. Mieux encore: on en découvre les recoins cachés au public, les tissus conservés dans le noir pour n'être pas abimés par le flash des photos, les endroits semi-abandonnés. Pour moi qui ne me considérerai que comme un être humain complet que le jour ou j'aurai pu visiter mes châteaux préférés seule, de nuit, sans l'avalanche de touristes et sans restriction sur les zones à visiter, c'était dans le domaine de l'halléluia. Je gazouillais de bonheur comme un petit oiseau, croyant avoir déjà atteint le nirvana, lorsque je suis tombée sur cet épisode en Russie, à Peterhof, dans les appartements de Pierre le Grand, et lorsqu'une conservatrice nous entraîna dans sa garde-robe... Je me suis déçue moi-même de ne pas m'être questionnée à savoir ou se trouvaient les vêtements de mon bien-aimé, et je me suis sentie transpercée par la jalousie en regardant cette banale conservatrice russe qui disposait de la clé de ladite garde-robe interdite au public. Imaginez: une seule personne au monde a un accès illimité à ce trésor qu'on garde dans le noir pour éviter sa détérioration. Moi qui suis présentement dans ma phase "passion de la conversation du patrimoine", je n'en revenais pas.

J'ai aussi vu un épisode sur les fameux châteaux de Louis II de Bavière, ce roi poète et fou qui dilapida en 10 ans le trésor accumulé par sa famille, les Wittelsbach, en 1000 ans, essentiellement pour construire de fabuleux palais sortis tout droit de son imagination. Le célèbre Neuschwanstein (vraiment incertaine de l'orthographe...), qui inspira le château de Walt Disney, est une espèce de fabulation de château médiéval, blanc et merveilleux, dressé impétueusement dans les Alpes. L'intérieur est décoré sous la thématique de légendes telles Tristan et Isolde, qui avaient été mises en musique par Wagner, le protégé de Louis II. Je connaissais Neuschwanstein, mais je ne connaissais pas cet autre château de Louis II qui est une copie de Versailles, voué à son admiration de mon cher Roi-Soleil, à deux cents ans de décalage avec ledit Roi-Soleil et toutes les copies traditionnelles de Versailles. Le coup d'oeil est excellent, d'ailleurs. Vous aurez compris que j'ai ressenti une envie irrépressible d'aller en Bavière constater l'état des choses par moi-même (d'autant plus qu'après mon coup de coeur pour les gentils Autrichiens, j'avais déjà décidé d'aller faire un tour chez les gentils Allemands, leurs cousins culturels).

Autre épisode sur les châteaux de Gustave III de Suède, un personnage que je ne connaissais pas et qui fut un prince des Lumières. La Suède m'intéresse beaucoup aussi, tant historiquement que pour son actualité, alors le détour par là m'a aussi plu.


Les prochaines destinations sont la Turquie, le Portugal, la République Tchèque et la Hongrie! J'en frémis déjà de plaisir...


J'ai déjà commencer à magasiner la série sur amazon.fr, ce qui m'a confronté au problème de zonage... Quelqu'un a des solutions au problème de zonage ? J'attends les conseils ! :)

Peterhof, le château de Pierre.

lundi 21 juillet 2008

Paul McCartney à Québec: wow!

Je ne suis pas spécialement fan de Paul McCartney. J'ai eu ma période Beatles comme tout le monde autour de 13-14 ans, mais mon intérêt se portait essentiellement à John Lennon, à sa vie bizarre et à sa mort tragique; et puis, musicalement, j'ai toujours eu une préférence pour les chansons des Beatles interprétées par la voix nasillarde de John et par leurs paroles inspirées. Je ne connais à peu près rien à la carrière solo de Paul, alors que je m'étais intéressée à l'après-Beatles-Lennonien. Néanmoins, j'avais conscience que l'événement était spécial et unique, et pas seulement parce que je savais - comme l'ensemble de la ville de Québec - que Paul ne donne que trois concerts par année et donc que des gens de très loin se déplaceraient pour assister à l'événement. Moi c'était de réaliser qu'on avait affaire à un Beatle en chair et en os, à un monument de la musique, à une personne qui avait traversé toutes ces incroyables périodes musicales et historiques, c'était tout ça qui me faisait de l'effet. Il n'était donc pas question de manquer ce show, même si l'idée de me perdre dans une foule (encore une fois cet été!) aux proportions sans précédents m'exaspérait un peu. Je m'y suis rendue vers 18h, alors que la première partie débutait à 19h, et j'ai réussi à me trouver un coin de verdure derrière la scène, devant un écran géant bien en vue. Je n'ai pas regretté de ne pas avoir attendu 10 heures comme certaines de mes amies: l'endroit était correct, le son très acceptable et une seule heure d'attente avant le premier show m'avait déjà semblé interminable.

Les premières parties n'ont pas été un grand succès. The Steels, un groupe de Montréal apparemment populaire quelque part ailleurs qu'ici, n'a reçu qu'un accueil tiède de la foule. C'est un défi, j'en conviens, de "réchauffer" la salle pour Paul McCartney, mais c'est aussi une solide occasion de se mettre en valeur. Ils n'y sont pas parvenus avec leur "generic music", comme disait mon copain en bâillant. On était contents lorsque Pascale Picard est arrivée: je ne suis pas spécialement fan, mais au moins je connais ses chansons et ça m'intéressait de voir comment elle se débrouillait sur une scène (étant sceptique devant sa musique, je me disais qu'il fallait la voir sur scène pour porter un jugement final). Ça m'a confirmé le fait que je n'aime pas sa musique, et que sa voix, qui a du charme lorsqu'elle l'utilise feutrée, m'irrite vraiment lorsqu'elle se met à hurler dans le micro. Ce qui était irritant surtout, c'était de l'entendre ne RIEN dire entre les chansons: c'était "merci beaucoup, on est contents d'être là, on sait que vous êtes là pour Paul McCartney"... et ainsi de suite en boucle pendant 45 minutes. Ça m'a fait le même effet que lorsque je regarde un show de Star Académie: je regrette que des gens qui bénéficient d'une tribune aient si peu de choses à dire. Il me semble que les chanteurs qui se croient inspirés et qui veulent nous inspirer devraient avoir quelque chose à dire, des idées à défendre, des traits d'esprit à dire! J'ai cru comprendre qu'elle avait voulu opter pour la spontanéité mais franchement, devant 300 000 personnes, il aurait fallu travailler un peu plus là-dessus. Bref ça m'a confirmé ce que je pensais déjà, que je ne me passionnerai pas pour elle et pour sa musique: j'ai besoin d'artistes qui m'inspirent et non qui alignent les rimes avec plus ou moins de succès selon les cas. Les Beatles, c'était ça!

Mais bon, de toute façon c'était pour Paul qu'on était là. Dès qu'il est entré sur scène, on a senti le public tomber sous son charme. Quelques mots de français et la foule ricanait comme une jeune fille devant les maladroites plaisanteries de son amoureux. Notre Beatle était là, généreux, débordant d'énergie, ayant parfaitement compris qu'ici on utilise les mots «Québec» et «Québécois» et non «Canada» et «Canadiens», ayant parfaitement compris qu'avec le français on vient nous chercher au coeur. Évidemment si j'avais fait le line-up de chansons j'aurais mis encore plus de Beatle et encore moins de carrière solo, mais l'ensemble restait bon et parfaitement bien rythmé. J'ai adoré lorsqu'il a interprété la chanson "Something", en faisant par la même occasion un court hommage à George Harrison, mais sans sensiblerie; bon dieu que cette chanson est belle! Pleine de passion et d'amour, mais sans ridicule. N'est-ce pas le gage d'une bonne chanson quand on pense en l'écoutant: «J'aimerais que ce soit de moi qu'elle parle!»? "Hey Jude", avec son concert de "nananana hey Jude" était un des grands moments forts du spectacle, de même que "Live and let die", avec le mur de feux d'artifice qui en ponctuaient les moments forts. Et évidemment, la finale en "Yesterday", qui se passe évidemment de commentaire: il suffit d'évoquer la chanson pour imaginer le moment!

Un long spectacle sans moment faible, et l'impression d'avoir assisté à un événement, un vrai, avec en vedette l'une des personnalités les plus marquantes de la deuxième moitié du 20ème siècle... Merci pour les beaux souvenirs Paul ! :)